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 avec la rage d'un mercenaire sous crack.

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MessageSujet: avec la rage d'un mercenaire sous crack.   Ven 23 Mai - 14:06

Un jour avec tous les pirates, tu reviendras crier vengeance.

Je grimpe. Inlassablement. Je crois que c'est la quinzième fois que je grimpe. Je pourrais me laisser choir au sol et me perdre dans l'immensité du ciel. Je pourrais profiter du chatouillement de l'herbe sur ma peau presque totalement nue, je pourrais tout oublier sur le rythme tumultueux des têtes des sylvains qui se retournent, avec autant de tentatives de trouver un monde nouveau et meilleur, une fois la tête remise en place. Je pourrais fermer les yeux, calmer mes tremblements nerveux, repartir en arrière. Avant. Ailleurs. C'est loin, loin, tout ça. Quand j'étais vivant. Vivant. Ce mot sonne comme une grossièreté. Et j'ai envie de rire, brusquement.

Vivant ! Vivant !
Ça m'a bougrement bien réussi d'être vivant.

Une sensation amère dans la paume me ramène à la conscience et j'appréhende les trois mètres qui me séparent désormais du sol. Je grimpe sans même m'en rendre compte. J'ai toujours grimpé. Partout, tout le temps. Toujours d'une façon différente, toujours d'une façon nouvelle. Pour atteindre le ciel. Pour atteindre l'illumination. Elle est là-haut, l'illumination. L'amusement. La légèreté. L'insoutenable légèreté de l'être. Là-haut. Loin des gens et de leurs gueules râleuses, loin des problèmes, des bruits retords des voitures. Inexorablement, je m'attire vers le haut. Vers la brise, les nuages, la liberté.
Mes yeux filent jusqu'à ma main et le copeau de bois rouge pâle fiché dedans. J'ai oublié ce qu'est la douleur. Ça n'existe pas ici. Il n'y a que ce venin sinueux qui file dans l'âme, qui noircit le moment, comme une peine que l'on se traîne. Je n'en ai jamais eu cure. Ni avant, ni maintenant. Ni jamais. Distrait, je décroche le copeau et reprends mon ascension jusqu'au sommet de l'arbre. Il semble près et loin en même temps. Accessible, mais jamais vraiment. Pourtant, lorsque je perce l'abri des feuilles colorées, la brise percute mes joues comme des félicitations.

Tu y es, Wes. Tu es là. Tu as réussi. Redescends, maintenant. Retombe. Dégringole. Saute.
Tu fais ça si bien.

C'est un sourire, pourtant, qui illumine mon visage. Immobile, j'accueille l'adrénaline comme une vieille amie. Une amie qui me presse, inlassable, infatigable, qui m'ordonne d'aviser le lac, plus bas, beaucoup plus bas, et de plonger en son sein. J'en ai envie, j'en meurs d'envie.
Je n'ai pas grandi. Certainement pas mûri.
Je reste bloqué dans cet état semi-conscient qui était mien le jour de ma mort. Conscient de la vie, du danger, de l'amour. Conscient, mais pas suffisamment que pour les reconnaître comme ennemis. Pour comprendre qu'ils ne sont pas moi, pas à moi, qu'ils se jouent de moi et non l'inverse. Mais ce n'est plus tellement important. Ici, maintenant. Tout est différent. Je ne peux mourir une seconde fois. Je suis coincé dans ce drôle de monde où tout est possible, et où rien ne l'est en même temps. Alors ? Alors j'attends. J'attends qu'il se passe quelque chose, et en attendant que ce quelque chose se passe, je vis. Je vis ma mort. Comme je vivais ma vie.
Dix minutes. Ça fait dix minutes que je suis perché là. Neuf minutes et cinquante secondes de plus que les quatorze premières fois. Neuf minutes et cinquante secondes à penser, réfléchir, rêver, inspirer, expirer, calmer les palpitations de mon cœur. J'ai grandi, peut-être. Un peu. J'y pense plus. J'efface tout de mon esprit. Rien n'est plus important que mon ravissement lorsque je m'élance dans le vide.
L'eau rose se rapproche, vite, vite, vite. Je la perçois par intermittence, quand je ne ferme pas les yeux, fort, fort fort, quand mon corps ne se cambre pas en un saut périlleux quelconque et approximatif. Et enfin, le choc. Doux et feutré. Comme une plume. J'y reste un instant, dans l'eau rose, paupières grandes ouvertes, la respiration bloquée. Triste réflexe humain qui me revient parfois brutalement, malgré les années. Sous l'eau, c'est comme dans le ciel. Les abysses d'un monde différent ouvrent leurs portes. Fascinant, grisant et terrifiant. Je veux y rester toujours, ou le temps d'en comprendre le sens et l'origine, tout du moins, mais ma faiblesse humaine m'oblige à remonter et à emplir mes poumons inexistants d'un oxygène inexistant.


Dernière édition par Wes Boehmitz le Dim 25 Mai - 18:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: avec la rage d'un mercenaire sous crack.   Dim 25 Mai - 18:42

Wesley ∞ Klara
avec la rage d'un mercenaire sous crack.
Il a fait froid cette nuit, ou du moins, c'est ce qu'elle a pensé Klara, alors qu'elle ne devrait plus rien ressentir. ça fait seize ans qu'elle pense ça. Seize ans qu'elle ressent. Seize ans qu'elle se pose trop de questions. A croire qu'elle ne comprend décidément rien à l'entre-deux monde. Ni vivante, ni morte, assez pour la frustrer encore bien des années.  Elle s'est enroulée dans ses draps, les lèvres tremblantes. Seule. Puis elle a fini par s'endormir, sans chaleur pour raviver sa flamme, son âme vide et morne, emplie d'une peur palpable de perdre encore plus. Inlassablement. Sa vie morbide, elle est loin. A milles lieux du lac à l'île. A milles pas de cet endroit qui ne devrait pas exister. Les pieds nus, dans l'eau, Klara marche le long de la berge. Ses orteils s'enfoncent dans la boue, mais elle ne s'en soucie pas. Sourde aux bruits alentours, elle continue de fixer l'horizon, le regard perdu dans le vague. Ici, elle se sent bien, ailleurs, loin de ce grenier miteux dans lequel elle a passé toute son enfance. Loin de ce nom qui chuintait à ses oreilles comme un grognement infâme. Ici, Braumz sonne mieux. Pas comme un mélopée chevrotante, plus comme une simple comptine perdu dans les abîmes.  Elle observe l'eau se mouvoir paisiblement, et son visage se fend d'un sourire sincère bien qu'hésitant. L'air est frais, revigorant. Ses cheveux volent au vent, de part et d'autre de sa petite caboche, et elle continue sa route. Libre. Enfin libre. Sans entraves. Sans barreaux. Sans porte. Sans fenêtre barricadée. Sans plus personne pour la faire pleurer.

Ennui mortel. Klara observe. Une moue mécontente vient se fondre sur son visage d'ange. Elle fronce les sourcils. L'ennui la frappe, tenace. Il embue ses yeux, et même les bruits des Sylvains qui s'agglutinent ne peuvent la sortir de sa torpeur. Même pas leurs douces jérémiades. Elle les fixe, fascinée, absorbe le moindre détail de leurs physionomie. Ils sont si étranges, si purs qu'elle trouve cela d'une impudeur capricieuse, bien qu'ils restent attrayant pour son esprit d'enfant froissé. L’immensité rosâtre qui s’étend sous ses yeux la renvoi aux belles boutiques de cartes postales dans lesquelles elle avait l'habitude de flâner pour contempler toutes les beautés du monde durant son voyage en Europe. Alors que Wes, lui, n'attendait qu'une chose, filer au vent. Elle grimace à l'évocation de ce nom lointain, souvenir douloureux de son passé. Puis elle lève la tête, observant la forme des cumulus qui passent. De là, ils semblent mousseux, comme les blancs d’œufs venant d'être fermement fouettés avant d'être déversés dans le chocolat intensément crémeux à force d'être chauffé. Si beau que ça la fait fondre. A Berlin, ils étaient souvent gris, surtout avant que le mur ne tombe. Elle avait l'impression qu'après, ils avaient changé de couleur, comme influencé par les événements. Ils s'étaient mit à sourire. A rire. A vivre;  loin de la fureur du monde.
 
Klara finit par se redresser. Elle s’étire lentement. Même si elle n'en a pas vraiment besoin, elle a gardé ses habitudes terrestre. Elle se rapproche de l'eau. Celle-ci fait des va et vient jusqu'à ses chevilles, l'incitant doucereusement à se laisser tenter. Et Klara elle répond à l'appel. Elle ôte sa robe, conservant ses dessous, ainsi que le short qu'elle a désormais la manie de mettre afin de ne pas avoir l'incessant malaise qu'un morceau de ses fesses ne dépasse. Puis Klara rentre dans l'eau du lac et bientôt sa taille se noie dans le rose limpide.  Les eaux rosâtres l'enlacent, la submergent ; et très vite elle se laisse emporter par la délicate sensation de manque d'air, s'abandonnant trop longtemps à l'étreinte amie. Elle laissait les abysses la happer inlassablement, la couleur améthyste du lac la bercer, sans rien faire. Elle n'a pas peur. Pas trop. Son impudeur grisante la transporte. Plus qu'un bout de tissu dissimulant outrageusement son buste. Elle est seule. Peu de gens viennent ici. Elle ne les connait pas. Elle ne les approche pas. De loin, elle en voit un sauter du rocher. Sans doute se sent-il transis par l'allégresse naissante. Sûrement pense t-il qu'il n'y a rien de mieux que de se faire peur. Stupide être qui ne craint le danger. Klara a beau être morte, elle continue de le fuir incessamment. Elle nage en direction du promontoire, ne voyant pas le garçon remonter immédiatement. Puis elle se souvient. Ils sont déjà morts.  Pas besoin de tenter futilement de le sauver. Néanmoins, elle attends. Et enfin, la chevelure de l'inconscient perce la surface. Libération.

Puis incompréhension.
Regard altéré, choqué.
Bouche entrouverte, les mots refusent de s'échapper, restant coincés dans sa gorge, tranchants, amers, bien plus que le chocolat. Plus sombre encore que le noir firmament. Et son sourire disparait. Klara croise les bras sur sa poitrine, recule lentement, priant presque pour qu'il ne l'ait pas vu. Car devant elle, c'est lui. C'est Wes. Wes qui continue de sauter. A croire qu'il n'a rien retenu. A croire qu'il n'a pas compris le prix de ses sottises. Son palpitant s'excite indécemment, incandescent. Ses yeux la brûle futilement. Elle a envie de pleurer, mais rien ne vient. Les deux globes asséchés par tout ce qu'elle a déjà versé fixent toujours le jeune homme. Il n'a pas changé. Toujours ce même visage respirant la joie de vivre. Toujours cette même manie pour ressentir l'adrénaline. Klara s'immobilise. Le venin qui empli son petit cœur la submerge, bien plus que l'eau. Cette noirceur invivable qui l'a suivit durant ses années de deuil. L'ombre qui s'était approprié son bonheur revient à grand pas. Elle devrait être heureuse, lui sauter dans les bras. Mais non, son corps refuse obstinément de bouger, et un rictus mal à l'aise se forme sur ses lèvres affriolantes. La moue de culpabilité qu'elle s'est coltinée qu'elle s'est coltinée reprend ses droits sur son visage trop expressif, trop effrayé. «... Wesley.» Elle le murmure presque inaudiblement, comme si elle en avait besoin pour faire un lien avec lui et ce monde. C'est vrai après tout, il est mort avant elle. Mais elle ne l'a pas croisé une seule fois depuis son arrivée. Elle pensait qu'il n'était pas là, qu'il avait sauté ce passage et qu'elle n'aurait pas besoin d'avoir à s'y confronter. Elle ne s'était pas préparée à cette possibilité, elle ne l'avait même pas envisagé.  Et il ne lui avait fallut qu'un regard, qu'un instant pour raviver la flamme de ses remords transis.
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Dernière édition par Klara Braumz le Lun 2 Juin - 18:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: avec la rage d'un mercenaire sous crack.   Lun 26 Mai - 22:48

Now he's gone, I don't know why
And 'till this day, sometimes I cry
He didn't even say goodbye
He didn't take the time to lie.


J'émerge et ce n'est plus que du rose à perte de vue. C'est drôle, cette eau rose. Dans mon monde, l'eau est grise. Ou verte. Ou noire. Bleue sur les cartes postales. Mais rose ? Oui, peut-être l'aurait-elle été dans un rêve. Un rêve. Tout cela est-il un rêve ? Il m'arrive encore de me poser la question, parfois. Un rêve. Un rêve ! Comment ça pourrait-il être réel ? Comment ? Comment je pourrais être mort, et pourtant là ? Dans la vie après la mort ? J'y ai jamais cru à ces conneries. Pour moi, on vit et on crève. Fin de l'histoire. Alors où suis-je ? Dans une autre dimension ? Dans un autre univers ? Un autre espace-temps ? Une autre réalité ? Est-ce que c'est ça ? Une réalité différente que notre pauvre petite terre, dans notre pauvre petit système solaire, dans notre pauvre petite voie lactée ? Ailleurs ? Quelque part ? Ou tout ça, c'est seulement dans ma tête ?

Seulement dans ma tête.

Réalité altérée. Réalité imagée. Je ne suis pas mort. Je suis foutu, disloqué, complètement crevé mais pas mort. Flingué de partout, inutile à tout le monde de ce qu'il me reste, détruit par la chute puis par les années, drogué à la morphine. Et je suis là. Dans ce bordel où l'eau est rose, dans ce soupçon de vie où la douceur est cultivée comme le sont les bégonias, dans ce laps de temps infini où l'humain est éternel. Où l'humain n'est rien, où il n'est plus. Un univers qui n'est que le reflet de moi, de ma conscience, de ce qu'il me reste. Un instant à peine tangible pour comprendre. Je ne comprends pas, et je ne cherche pas à comprendre. Rêve ou pas rêve, je suis coincé. J'ignore comment me réveiller, j'ignore comment me battre, j'ignore comment terminer. J'ignore même si c'est possible. Alors je me laisse porter au gré des remous. Ils sont agréables, comme des enfants qui voudraient être durs mais qui caressent plus qu'ils ne frappent. J'ai les yeux fermés. Je flotte. Un temps durant lequel j'ai la sensation d'être encore figé entre ciel et terre. J'imagine que c'est parce que, quelque part, c'est le cas. Et, tout à coup, l'arbre ne m'attire plus. Mes plongeons ne m'amusent plus.
Je suis bien, là.
Combien de temps je reste dans mes pensées, c'est difficile à dire. Pas si longtemps, me connaissant. J'ai toujours été comme ça. Je rêvasse énormément, et beaucoup trop vite. Impossible de décoder, difficile à expliquer. C'est un patchwork, dans mon esprit. Un patchwork d'idées diffuses et de songes fugaces qui se suivent selon une logique incertaine. Je ne m'attarde pas, il y a bien trop de choses que j'aimerais penser. Comme cette ombre qui m'oppresse, tout à coup. Sa brusquerie m'oppresse, pas vraiment l'ombre elle-même. Au contraire, une fois habitué, elle est agréable. Reposante. Quelle est-elle ? J'entrouvre une paupière - les frondaisons d'un vieil arbre me surplombent. Suis-je revenu à mon point de départ ? L'eau aime-t-elle donc que je joue avec ses courants ? Je souris et m'exécute. Paisiblement, comme je sors d'un long sommeil réparateur, je m'étire sur mes pieds, les doigts dans ma chevelure. Un tic que même la mort n'a pas réussi à m'arracher.
Distraitement, je parcours des yeux le vide qui m'entoure.
De l'eau. De la terre. Des arbres. Un regard. Une brise légère.

Un regard.

Je bats des paupières, surpris, curieux, cherchant à retrouver ce visage que j'ai vu émerger du lac. Il se cache, il s'enfuit, il a peur. Il est là. Il m'évite, je le sens plus que je ne le vois.
La rencontre brutale de mon corps avec le sol m'aurait tiré un rictus mais la rencontre de mon cœur avec la vérité éclipse tout le reste. Non, elle ne l'éclipse pas, elle déferle dessus, l'englobe, l'amplifie, l'envenime. Mes jambes ont ployé sous le poids de mes certitudes qui se brisent en mille morceaux. Je ne suis plus que ce que je suis pour de vrai. Une âme brisée, un corps mort. J'avais toujours cet espoir, jusqu'alors. Elle est vivante. Elle va bien. Elle est heureuse. Elle a un mari, une famille, une vie. Je ne suis qu'un souvenir. Un souvenir d'abord douloureux auquel elle repense finalement avec nostalgie. L'amour, le premier, le fort, l'intense. Ces moments ensemble. Voilà ce qu'elle aura gardé. Elle n'a rien gardé.
Elle est comme moi.
Elle est là.

« Non... »

Je chuchote. Je suis incapable de plus. La réalité me rattrape et me colle un poing dans la gueule. C'est ça qu'on appelle grandir ? Elle a grandit. Elle a vieillit. Quelques années tout au plus. Pas suffisamment. J'aurais voulu la voir courbée, ridée, souriante de cette vie si belle qu'elle a mérité et qu'elle aurait finalement menée, de ce sourire sage et serein qu'ont les âmes apaisées. Mais non. Elle est là, reconnaissable entre mille, toujours jeune, toujours belle à en pleurer, toujours frêle et pure, mais changée, pourtant. Je le vois dans son regard apeuré. Elle a changé. Définitivement et irrémédiablement.

« T'es pas là, tu peux pas être là. »

Pourtant, ce sont ses yeux noisettes toujours pleins de questions qui me jaugent, ce sont ses lèvres dont je connais la moindre courbe qui se tordent de me voir, c'est son corps fait pour se mouvoir sur le mien qui semble l'attirer loin, loin de moi et de ma réalité.
J'ai envie de disparaître. De ne plus rien savoir. Elle n'est pas là. Elle n'est pas morte.

« Klara, t'as rien à foutre ici » je hurle de désespoir. La colère, alors. Plus que tout. Plus que l'incompréhension, plus que le choc, plus que le chagrin. La colère, brûlante, incendiaire, perfide, titanesque. La rage. Envers moi, envers le monde, envers l'eau rose et la brise. Sur sept milliards d'individus insipides et superflus, elle était la seule qui devrait vivre. Elle n'est pas morte. Elle ne peut pas être morte.
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MessageSujet: Re: avec la rage d'un mercenaire sous crack.   Lun 2 Juin - 18:51

Wesley ∞ Klara
avec la rage d'un mercenaire sous crack.

Elle l'avait encore l'espoir. Celui qu'il ne la voit pas. Celui qu'elle puisse continuer à reculer avant de se fondre dans le décor, restant la passive inconnue du lac qui se balade loin, sur les berges, à l'abri de la mémoire de Wes. Elle se sentait capable de réussir, de disparaitre de sa vie, de sa mort, ou de ce je ne sais quoi si futile. Ainsi, il aurait continué à resplendir. Il serait remonté sur son rocher, et elle l'aurait regardé, de loin, sans avoir à lui exposer ses pensées dénaturés et sa faible silhouette qui ploie désormais sous son regard altéré. Il l'a vu. Il la voit. Et elle se mord la lèvre piteusement, incapable d'émettre le moindre son. Non. Si. Si elle est là. Elle a envie de le hurler, ça veut sortir, mais ça reste coincé. Elle se sent fantomatique. Ce dénie si simple et si court lui arrache les tripes, et le reste encore plus. Sa surprise. Sa colère. Son désespoir. Lui.

« Pardon »

C'est tout ce qu'elle finit par lâcher, sa mine déconfite venant orner le tout. Ce faible murmure, semblable à tout ceux qu'elle avait pris l'habitude d'articuler de son vivant. Elle s'en souvient parfaitement, de ses lèvres tremblantes, doux pétales rosâtres laissant s'échapper ces plaintes sinistres dans le cimetière de Berlin. pardon. pardon. pardon. Pardon de ne pas t'avoir sauvé. Pardon de t'avoir abandonné. Pardon, encore et encore, pardon à en crever. Petite Klara, si svelte, si faible. Elle baisse les yeux, craignant de s'attarder trop longtemps sur ce visage familier et de générer une colère bien plus conséquente. C'est le premier qu'elle reconnait depuis qu'elle est ici, et c'est bien l'un des seuls qu'elle aurait préféré ne jamais revoir. C'est ces yeux qui s'incrustent dans la plupart de ses tableaux, ceux qui ont bercé sa folie. Ceux qui lui ont fait connaitre le prix de la vie.
ses yeux.
Ces mêmes orbes qu'elle s'acharnait à retranscrire sur des toiles blanches. Ce visage de jeune fou prêt à tout pour flirter avec l'adrénaline. Cette personne qu'elle connaissait physiquement mieux que toutes les autres. Le creu de ses reins. Ses mèches dans lesquelles elle avait prit l'habitude de passer ses doigts fins. Ses pommettes colorées. Ce tout rendant ses peintures étrangement vraissemblables, ennivrantes. Et malgrès tout, c'était bien sur sa tombe, de son vivant, qu'elle allait déposer des bouquets en se demandant s'il la voyait, là ou il était ?

« Et toi tu crois que t'as quelque chose à foutre ici ? »

Elle le susurre, venimeuse. Elle reprend ses mots. Elle rejette la faute sur lui, l'affreuse. La plaie qui s'était partiellement refermée avec le temps se réouvre. Le brasier qui avait finit par se désagréger  et qui jusque là semblait gelé dans le marbre se ravive. Et tout implose brutalement. Elle se fiche de s'il l'entend. Elle espère même presque que c'est le cas. Parce qu'après tout, c'est vrai. C'est bien lui qui l'a laissé seule. C'est lui qui a commencé. Elle, elle a juste suivie, contre son grès, surprise par sa subite agonie. Frauduleuse est la mort. Mais encore plus l'entre monde. On ne sait jamais qui l'on pourrait croiser. La brune qui jadis aurait tout fait pour le revoir avait fini par brûler les photos, par incendier les cartes et par éparpiller les cendres, faisant de Wes un souvenir. Mais ce songe est bien là, face à elle. Il l'observait, criant à la mort, comble de l'absurdité.
et elle se sent délaissée.
Elle tangue, se démène dans ce flot de contradictions. Elle l'aimait Wes, beaucoup, trop même. Elle pensait que lui avait un tant soit peu de considérations à son égard. Et le fait qu'il s'apitoie à ce point sur son sort l'amène à se perdre dans les méandres qu'il reste d'elle. Que souhaite t-il vraiment Wes avec cet air ahuri ? Qu'elle retourne vivre sans demander son reste ? Qu'elle crève convenablement histoire qu'il n'ai plus à la revoir, histoire de mettre fin à ce supplice ? Lui en veut-il pour sa mort ? Ou a t-il compris qu'elle s'était suffisamment écorchée l'âme à ce sujet ? Elle ne sait pas quoi penser. Elle ne sait plus quoi penser. Et ses yeux pleurent d'amour, de haine. Eux aussi, ils s'animent d'émotions. Ils sont les seuls qui semblent encore vivre.
Elle serre les poings, et ses ongles viennent s'enfoncer sous sa peau.

« C'est toi qu'aurait pas dû partir. »

Mort dans l'âme, elle hausse le ton.

« C'est toi qui m'a laissé, t'as préféré tes conneries à la vie. Tu t'en souviens je suppose. »

Elle secoue la tête, abjecte. Puis elle plonge les yeux dans les siens, et se perd une fois de plus, ailleurs, à des années lumières. Dis Wes, tu t'en souviens de son je t'aime ? Tu t'en souviens, de sa main qui te cherche ? Tu te rappelles, Wes ?
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MessageSujet: Re: avec la rage d'un mercenaire sous crack.   

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