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 i remember when i lost my mind.

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MessageSujet: i remember when i lost my mind.   Sam 24 Mai - 21:46

i'm a new soul i came to this strange world
hoping i could learn a bit about how to give and take.

Je m'entends à peine grogner sous le rire idiot de la bestiole. Et ça la fait ricaner encore plus. Foutue merde. Je m'immobilise, alors. Genoux fléchis, bras écartés, sourcils froncés sur une moue de chasseur. La pièce est vide. Comment parvient-elle à se cacher alors que la pièce est vide ? Je roule des billes. Ça et là. Près du vieux coffre de bois massif, unique relique de cet endroit aux allures sacrées que je n'avais jusque là jamais osé profaner. Pourtant c'est ma maison. Notre maison. Car il y a Tristée, aussi. J'ignore où elle est. Peut-être quelque part dans le coin, peut-être à des kilomètres d'ici. Je ne sais même pas où est sa chambre. Il y en a plein des chambres, mais je n'y vais jamais. J'ai vu toutes les pièces, mais pas les chambres. C'est intime, une chambre. Et ici ? Ici, c'est si grand, si vide. Il n'y a que ce coffre et son aspect vétuste, immensément lourd. Que renferme-t-il ? Aucune idée. Sans doute un trésor. Pas de l'argent. Ça vaut rien l'argent, ici. Qu'est-ce qu'on en ferait ? Rien. Comme dans la vie. On se boufferait pour en avoir. Ça en vaut a peine ? Non. Ça n'en a jamais valu la peine.
Je l'entends, alors. Là, tout près. Juste là. Je fais volte face, je me jette en avant, je referme les mains. Sur du vide. Et à peine à quelques centimètres de là, son corps. Son corps de petit démon, son sourire démoniaque. Elle se fout de moi. J'agite les bras, j'essaie de l'attraper, mais elle prend la fuite. Ces bestioles n'ont vraiment aucun courage. Elles font toujours ça. Elles se foutent toujours de moi. Elles viennent souvent ici. Je ne sais pas pourquoi. Elles aiment ma maison, j'imagine. Et moi, je les chasse, car elles aiment manger les couronnes de fleurs de Tristée. Et ça lui fait de la peine. Je crois, en tout cas, car la dernière fois, elle a arrêté d'en faire pendant plusieurs jours. Aussi, j'ai voulu lui en faire une, moi, de couronne. Elle était un peu ratée. Je n'ai pas son talent et sa sensibilité, elle a dû rigoler en la voyant, mais j'étais content de la lui offrir.

Foutue merde.
Je déteste les unseelies.

Je me remets à cavaler dans le couloir. J'enjambe un buffet qui traîne, je plonge dans la cage d'escaliers et je jubile. C'est celle qui est condamnée. Elle est faite comme un rat ! J'attrape un drap blanc nacré qui traîne. Ça sera sa cage. Une cage pure et scintillante, bien trop belle pour ce salaud. Elle n'y restera pas longtemps, cela dit, juste le temps que je la tape dehors. Je me fige alors. Elle est là. Juste là. Me jaugeant de ses grands yeux qui n'ont d'yeux que le nom. Ses yeux n'ont rien des beaux yeux humains. Ce sont deux boules luisantes au regard sournois. Je serre les dents en l'observant grignoter une fleur. Et en grognant de frustration, j'envoie valser le drap sur lui. Il l'évite agilement et file à toute allure dans mon dos. Le plancher craque sous mes pas précipités, les rampes hurlent quand je les tire trop fort pour virer de côté. J'ai juste le temps de précipiter mes mains devant moi pour éviter de percuter de plein fouet le garde-corps en bois sculpté et centenaire de la mezzanine. Le choc me coupe le souffle. Métaphoriquement. Je ne respire plus que ponctuellement. Lorsque mes instincts humains m’imprègnent encore trop.

Deux choses.
La crapule, là, qui vole joyeusement. Et un humain. Une âme.
Un humain. Une âme. Une âme ?
J'écarquille les yeux.

« Fais attention, elle va te mordre ! »

Je m'écrie, sans la moindre élégance. Pas le temps que l'âme bouge, cependant. La bestiole est partie. Comme une météorite. Traversant en une seconde à peine la distance qui la sépare de la porte d'entrée encore ouverte. Les fleurs entre les griffes.
Je soupire. Je rapporterai un lys à Tristée pour me faire pardonner.
Distraitement, je passe par-dessus le garde-corps et me laisse tomber trois mètres au-dessous, dans le hall coloré.

« Salut. C'est toi Tito ? » Et je penche la tête, curieux. Un sourire illumine mon visage, alors. C'est Tito ?

« J'ai vu ton nom sur la boite. »

Ce matin. Enfin, ce que je pense être ce matin. Je n'en suis plus très sûr. Mais je l'ai vu. Ça c'est certain. Tito. Tito Quelquechose. On n'est plus deux sur la boite. On est trois.


Dernière édition par Wes Boehmitz le Dim 25 Mai - 18:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: i remember when i lost my mind.   Dim 25 Mai - 8:13

Tu ne comprends pas Tito. Ce qu’il se passe, ce qui arrive. Où tu te trouves et pourquoi. Quand t’as rouvert les yeux, t’étais là, au pied de cet arbre majestueux. T’étais là. Ici. Dans cet endroit que tu ne comprends pas. Pourquoi ? T’en sais rien. Mais, tu sais que ce n’est pas ton monde. Non, Tito. Ici, c’est un ailleurs. Un endroit que tu n’imaginais pas existant. Malgré tes prières le soir avant de t’endormir. Non, Tito. Tu n’aurais pas cru rouvrir les yeux sur ce monde. Paysages étranges, magnifiques. T’es perdu. Tu ne sais pas où tu es. Ce que tu dois faire. Alors, tu te mets simplement à marcher. Droit devant toi. Sans savoir où tu vas. Sans savoir. Parce que t’es perdu Tito. Perdu dans un ailleurs. Perdu dans les flashs de ta vie, ta mort. Parce que de cela, t’en es certain. Tu es mort. Quand, tu ne sais plus. Mais, comment, tu t’en souviens. Douleur, peur. Tu décides d’oublier. Le temps d’un instant. Instant pour découvrir, un instant pour rire et sourire. Face à cet endroit. Tu n’en crois pas tes yeux Tito. Comment est-ce possible ?

Tes pas foulent l'herbe, tes yeux attrapes la lumière, les plantes que tu croises, que tu vois. Si étranges, si belles. T'as envie de t'y perdre, de t'y laisser tomber en riant. Ça te donne du baume au cœur tout ça Tito. Ça te fait sourire alors que tu marches à l'inconnu. Inconnu dans un monde inconnu. Deux étrangers qui s'enlacent pour la première fois. Alors, tu profites de cette étreinte. Tu profites et tu te penches. Pour sentir les fleurs, les caresser. Sursautant parfois, en tombant sur des petites bêtes étonnantes. Rêve. C'est ce que tu penses. Que tu rêves. Qu'en fait, tu n'es pas encore vraiment mort. Et, que ton esprit est parti pour ne plus souffrir. Cela ne serait-il pas possible, Tito ? Que tu rêves ? Le temps peut-être...qu'on te retrouve. Qu'on trouve ton corps abandonné dans cet entrepôt. Que ton père t'accueille et te dise en revoir. Tu sais plus. Combien de jours ça a duré, combien de temps s'est passé. Entre le moment où t'as compris qu'on t'enlevait et celui où l'on t'as détruit. Tu te crispes, halètes. T'as envie de crier, de pleurer. De demander pourquoi. Pourquoi ça ? Pourquoi comme ça ? T'avais encore tellement de choses à faire. Tellement de choses à découvrir. Tu lui en veux. A Dieu. De t'avoir fait vivre ça. De faire souffrir ton père également. Abandonné, seul. T'as peur qu'il se détruise maintenant que tu n'es plus.

Yeux perdus. Regards brulant de tristesse, tu te redresses, tu titubes. Et tu recommences. A marcher. Ici et là. Sans savoir où aller. Suivant juste le chemin que tu penses être le bon. Chemin vers l’avenir. Chemin vers un ailleurs. Tu essayes de te calmer. Devant tout cela, devant tes souvenirs. T’essayes de sourire encore, à nouveau devant toutes les beautés que tu croises. Monde ailleurs, monde fantastique, t’as l’impression de te retrouver dans un livre ou dans un film. Si étrange et si beau.

Tu ne sais pas. Combien de temps tu as marché. T'en sais rien mais, tu arrives devant cet endroit. Et tu sais. Oui, tu sais que tes pas vont s'arrêter là. Alors, ça te fait sourire. Parce que cet endroit, même si tu n'as pas vu l'intérieur, te plait énormément. Alors, tu souris et doucement, tu fixes la boite à l'entrée. Pour y trouver ton nom et celui de deux autres personnes. Et, ça te réchauffe Tito. Parce que...parce que t'es pas prêt pour vivre seul. T'es pas prêt pour être seul ici. Seul, tu l'as jamais été. Doucement, tu avances dans l'allée, pas après pas, tu t'approches de la porte, une petite appréhension te serrant l'estomac alors que doucement, tu pousses la porte. Tes yeux captant déjà l'intérieur étrange de cet endroit. Ta maison. Mais, t'as pas le temps de l'admirer. Parce qu'une voix t'arrive aux oreilles, violente, te faisant sursauter alors que ton regard se redresse sur cette petite bête, cette petite chose que tu n'as jamais vu. Te faisans ouvrir les yeux comme des soucoupes. Tu es surpris. Et, elle se glisse à tes côtés, sans s'arrêter, retrouvant l'extérieur alors que toi, tu restes là, un peu idiot. Surpris. Mon Dieu, mais quel est cet endroit. Et, d'ailleurs, tu ne le vois même pas. Le jeune homme, atterrir devant toi après avoir sauté. Non, tu es encore trop surpris. Trop perdu. « Salut. C'est toi Tito ? »

Tu sursautes. Encore. Redressant violemment la tête, tes yeux retrouvant leurs éclats, sa voix te ramenant à la réalité. Mais…quelle réalité ? Et, soudainement, tu repenses à la petite bête. Et, soudainement, sans savoir vraiment pourquoi tu éclates. Tu éclates de rire. Tu sais, ce rire si cristallin, ce rire qui ne correspond qu’à toi. Si lumineux, si chaleureux alors que tu illumines cet endroit de ce son cristallin. Tu ris. Tu ris et tu souris en fixant le garçon. Tu aimes cette maison. Tu aimes cet accueil si particulier. Alors, tu peux pas t’empêcher. De rigoler, d’être joyeux.

« Oui, oui, c’est moi Tito. »

Ton rire se calme, mais, pas ton sourire. Ton rire se calme et tu souris encore comme un soleil. Tu le fixes, le garçon, tu t’approches un peu. Hésitant. Et doucement, tu tends ta main. Pour le saluer. « J’aime cette…maison. » Tu souris encore, tu n’aies que ça Tito en fait, un sourire, un garçon venu d’ailleurs. A l’aspect de l’ange, au sourire du soleil. Oui, Tito, t’es pas comme tout le monde. « Tu t’appelles comment ? »
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MessageSujet: Re: i remember when i lost my mind.   Dim 25 Mai - 18:42

seasons came and change the time.


Il rit. Il rit et moi, je souris. C'est comme ça, c'est mécanique. J'ai ce trop-plein de joie, de bonheur. J'ai cette absence de peur, j'ai ce vide de peine. Et je me décuple, je gonfle, j'envahis face à quelqu'un d'heureux. De joyeux, de vivant. Il ne l'est plus, vivant, mais il y ressemble tellement que je souris. C'est plus fort que moi. C'est pour ça qu'à lui comme à moi, on nous a offert cette maison. Cette perle de beauté, de couleurs et d'imagination.

« C'est la plus belle. Tu n'as pas cherché trop longtemps ? »

Il est là, tout seul. Comme moi, lorsque je suis arrivé. Elle était là lorsque je suis mort, puis ça a été fini. C'était moi. Moi et rien que moi. Ça a toujours été rien que moi. Je suis né seul, j'ai grandi seul. Je suis mort avec elle. Et me voilà. Débarquant comme une fleur. Comme un con. Il m'a fallu du temps avant d'y songer avec sérénité. Je suis con, con, con ! Je suis mort comme un con ! Je me console comme je peux, alors. On fait tous comme on peut.

Tu ne seras pas pleuré, Wes.
Tu n'as pas de famille, Wes. Quelques amis. Quelques attaches. Et elle.
Elle. Une enfant, un pétale de rose, une pierre de jade.

Elle m'a pleuré, elle. J'en suis certain. Presque certain. Et si elle ne m'a pas pleuré moi, elle a pleuré la perte. Le symbole. Le choc. Et la culpabilité, aussi. Elle était là. Elle était avec moi. Ça me donne envie de gerber. Elle doit pas. Elle doit pas, je veux pas qu'elle se sente coupable. Je suis un joueur. Je l'ai toujours été. Et j'ai joué. Et j'ai perdu. Comme lui. Tito. Que fait-il là ? La question me brûle la langue et les lèvres, la curiosité m'anime. Cette même curiosité qui me pousse  à me cacher dans un buisson pour lancer des cailloux aux Vila, à partir des jours durant dans une direction inconnue, simplement pour découvrir où ça me mène, à réveiller la vieille âme endormie durant sa sieste pour discuter du temps qui passe. A fuir l'oppression du quotidien pour trouver l'aventure, le beau, la vie, la liberté, à provoquer les lois, à me jouer de l'interdit, avec l'amour, avec la belle, à frôler le ciel en me perchant avec les oiseaux et à dégringoler de mon bonheur jusqu'à la toute fin. Ma curiosité d'enfant solitaire et téméraire. J'ai appris à me maîtriser, pourtant. Presque. Je n'ai plus rien à perdre, ici. Ça aussi, je l'ai appris seul. Parce que je suis arrivé seul. La maison était vide, elle m'attendait. Et je l'ai trouvée seul. J'ai toujours tout fait seul. Je me suis toujours démerdé seul. C'est pour ça que j'aime autant ma maison. C'est la mienne. La notre. On est seuls. On fait ce qui nous plait. On est les enfants perdus.

« Wesley, mais tu peux m'appeler Wes. »

Il n'y a que les dames de l'orphelinat qui m'appelaient Wesley. Autrement, je suis Wes. Pour lui aussi. Je serre sa main sans hésitation. Il est drôle, cet enfant. Il doit être un rien plus jeune que moi. Un rien. Pourtant, on dirait un enfant. On me dit la même chose. Avec mes boucles blondes, mes yeux brillants insatiables et mon sourire tordu de vie.

« Je te fais visiter ? »

Ça me semble indispensable. Je ne pense pas une seule seconde à son potentiel besoin d'être seul. De comprendre. De chercher à comprendre, du moins. De pleurer, de hurler, d'avoir mal. Une âme aussi doit faire son deuil, son deuil de la vie et de ses proches. Je le sais vital, pourtant, ce deuil. Incisif et décisif, corrosif parfois, inexorable toujours. J'étais incontrôlable, au début. Cette maison a abrité un nombre incalculable de jours d'amertume. Et elle et moi, on a fait le reste. La tristesse est absent de mon patrimoine génétique, tout simplement.
Mais j'ai toujours été comme ça, moi. Le rire d'abord, les sentiments ensuite. Sinon la vie est mortelle. Mortellement ennuyeuse. Aussi, je suis déjà sur les marches, le buste dans sa direction mais les jambes prêtes à s'enfoncer dans les dédales de la maison. Je trépigne sur place. Je suis impatient. Presque autant que le jour où j'ai fait connaissance avec le monde extérieur. Ce jour où plutôt que de le découvrir moi-même, je l'ai fait découvrir à Klara.

« Dis-moi, on est en quelle année ? » J'ajoute avide et ravi, en suivant le fil de mes pensées. Depuis combien de temps suis-je là ? Depuis combien de temps suis-je coincé dans cet entre-deux ? Ni vivant, ni totalement mort ? Elle doit être bien loin, la chute du mur. Cinq, dix, vingt, cinquante ans ? J'ai perdu le compte. Quel âge j'aurais eu, en vrai de vrai ? en vie ?
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