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 BOIS ÉCORCHÉ.

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MessageSujet: BOIS ÉCORCHÉ.   Lun 26 Mai - 3:05

journal fantôme d'un adolescent éteint
écrits de 2006




il fait noir, dehors et dedans. il fait noir, et les lumières, elles brûlent mes doigts, n'éclairent pas. la lumière, c'est supposé aider pourtant. faire un peu de bien au coeur, faire grandir les ombres oui, mais mettre un peu de chaleur, au fond du coeur. pourtant, elle ne fait rien. elle brûle le bout de mes doigts, comme la lame a marqué mes cuisses, il y a quelque temps. j'ai mal. mal de toi. mal pour toi. papa dit que c'est bête. il a hurlé, quand j'ai prononcé ton nom. c'est vrai après tout ; j'ai failli mourir, à cause de toi. me casser en deux, comme un vulgaire morceau de bois.
et pourtant, mes lèvres tremblantes s'ouvrent un peu, légèrement. "alban, comment il va ?" et papa, il hurle. il hurle, et je ferme les yeux, les poings, tremblants. je suis désolé, papa. désolé, si fort, un peu trop, peut-être. tourne toi, regarde ailleurs. je prends la lame, je creuse un peu plus fort, dans ma chair.
et puis, je perds.
de toute manière, il fait noir, dehors comme en dedans. elle est où, la différence ? j'ai ouvert les lueurs de mon coeur, la porte et les fenêtres. j'ai cassé quelques murs, pour donner plein de place, à alban. c'est ça qu'on fait, non ? c'est ça qu'on fait, oui, quand on tombe amoureux pour la première fois. on brise un peu tout, et on fait les fous. on fait des folies, surtout. un peu trop, peut-être. et un peu trop, j'en ai fait. j'ai tout brisé, pour lui laisser de la place.
et pourtant..."papa, je peux appeler alban ?" et il hurle, encore.
il pleure, au travers de tout ça. je suis désolé, papa.
alban, il a pris beaucoup de place. il a pris beaucoup, beaucoup de place. c'est des mensonges, sur mes cuisses. j'ai beau observer les marques, je nie, simplement. c'est faux. je le hais pas, alban. je l'aime fort, même s'il fait mal. c'est surement pour ça, oui, que l'amour fait mal.
alors, comment tu vas, alban ? j'ai posé la question mille fois, dans ma tête. ça fait écho, un peu. comme lorsqu'on allait dans un appartement abandonné, tu sais, et qu'on hurlait. j'avais un peu peur, mais tu mettais ta veste contre mes épaules. ça allait un peu mieux, soudainement. et puis, nerveux, je passais mes doigts dans mes cheveux, pour remplacer une mèche fantôme. je levais les yeux vers toi, un peu rouge, avant de les détourner. je mordais ma lèvre, face à la gêne. et tu disais "arrête de mordre ta lèvre, sid " et puis encore, j'étais rouge.
rouge, comme mes cuisses marquées de toi.
parfois, j'entends papa pleurer, dans sa chambre. il est un peu triste, je crois. parce que je parle de toi encore, certainement. j'ai des étoiles dans les yeux. même si les lumières sont fermées, même si t'es parti un peu brusquement, avec ton rire et tes amis, ton regard méchant, j'ai des étoiles dans les yeux, à penser à toi. ou alors, ce sont des larmes. un peu des deux, certainement. l'amour, ça fait un peu de bien, un peu de mal. un mélange de tout ça.
et puis, il fait noir en dedans, comme en dehors. j'ai le coeur qui fait un peu mal, et papa qui essaie de construire quelque chose, tout autour. une petite cage peut-être, pour que la douleur aille loin.
et il répète, encore et encore.
sid, je t'aime.
sid, t'es tout ce que j'ai.
sid, fais attention aux gens, ils peuvent être méchants.
sid, garde ton coeur pour quelqu'un de bien, okay ?
sid, arrête de parler de lui.
sid, s'il te plait, sois gentil.
sid, arrête, merde.
sid...
et j'ai un peu mal, tu vois ? j'ai un peu mal, parce que papa, il est mal. toi aussi, je crois. toi aussi, non ? j'ai mal pour toi aussi. j'ai vu tout en dedans de toi mais toi, tu préfères être ce qui est en dehors. tu préfères être tes tatouages un peu idiots, que ton coeur tout tremblant. c'est pas grave.
j'ai un peu beaucoup mal mais...c'est pas grave ? non, c'est pas grave. je t'aime encore ; c'est ça, qui fait mal. parce que je te vois. je te vois, et les autres, même toi, même papa, voient pas.
j'ai marqué mes cuisses, pour plus voir également. fort et creux.
papa, il pleure un peu plus fort. toujours un peu plus fort.
alors, j'observe les marques. je serre mes doigts, je serre mon coeur, mes souvenirs et mes sentiments, et j'hoche de la tête. oui, t'es vilain.
oui papa, c'est un monstre.
oui papa, j'ai mal.
oui papa, j'arrête. je l'aime plus.
non papa, c'est fini.
oui papa, on s'en va, loin.
oui papa, c'est fini.
oui papa, plus jamais.
plus jamais, okay ?
et le coeur, il se ferme. tu restes à l'intérieur, mais il fait noir. noir, comme en dehors, comme en dedans. alors, les gens, ils voient pas. même moi, je vois pas. et puis qui sait. qui sait, oui, peut-être un jour, j'oublierais. peut-être un jour, j'entendrais mon coeur battre et je me dirais ; mais c'est quoi, ça ? quelle étrange chanson.



enfouis sous les draps.
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BOIS ÉCORCHÉ.

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