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 au clair de la brume

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MessageSujet: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 18:31



TRISTÉE ROSE

parfois, je me réveille la nuit
et j'ai envie de me quitter.


prénom et nom rose, même si tout est gris, monochrome, jamais coloré. tristée, quelques larmes au coin des yeux, quelques salines maculant les joues porcelaines. tristée, tristesse. la poésie de son prénom lui va mieux que celle de son nom de famille. âge de décès vingt-trois ans, la vie qui commence à peine, la peur de vieillir, hurler à chaque jour pour sentir dégonfler les poumons. le temps de voir toute la crasse du monde, le temps de rêver de milles et unes morts, de ne voir que le noir, jamais les étoiles. trop de temps. date du dernier souffle une froide journée d'hiver, un vingt-et-un décembre 2012. la blancheur de la neige comme le teint cadavérique d'un corps sans vie. lieux de vie elle a longtemps vu paris, ses rues et ses lumières. elle a longtemps parlé le français et la poésie de baudelaire, de nelligan, de rimbaud et de tous les autres. il y a eu un divorce, les adultes qui se chamaillent et puis la mère qui trimbale l'adolescente avec elle au pays où son prénom est toujours écorché par l'inconnu des sons francophones. corée du sud, la belle. séoul, vibrante ville. séoul, ville où on a enfoui son être. attirance d'âmes tristée, c'est la peur à chaque seconde. elle a peur des âmes, des humains. mais si on lui demanderait, elle dirait les garçons, sans hésitation. ils sont jolis, ils la font rougir, ils font battre son coeur trop rapidement. elle en a plus peur que des filles. coeur mort le coeur a peur, comme l'esprit. alors ce muscle, il n'aime personne. elle peine à apprécier son être, elle ne croit pas qu'on pourrait s'éprendre de sa personne. elle n'est rien, tristée. que des larmes et des maux.   occupation fantomatique de ses doigts fins, elle tresse des fleurs et des branches d'arbres pour en faire des couronnes, des guirlandes. pour faire beau, pour décorer. elle collection les objets en tout genre, elle garde des roches sur le rebord de sa fenêtre, place des feuilles entre deux pages d'un livre. elle s'offre des merveilles et quelques fois, lorsqu'elle trouve le courage, elle l'offre au reste des âmes.   cause de la mort percutée par une voiture. comme un oiseau qui s'envole dans les airs, mais qui retombe trop rapidement, trop lourdement. percutée par un humain distrait, peut-être, un humain pressé, qui sait, un humain chagrin, on n'en sait rien. un corps aux milles fractures, aux milles cassures, aux milles hémorragies et bleus. quelques secondes à s'étouffer dans son propre sang, puis la faucheuse kidnappe l'âme.

pseudo/prénom COULEUR CERISE, coralie.âge dix-huit années de vie boussole l'étoile du nord avatar son chae eun cadavre exquis c'est merveilleux, ici. magique.


“Mon cas n'est pas unique, j'ai peur de mourir et je suis navrée d'être au monde.”

Trist(é)e Rose.
C'est triste, les roses ?
Ça pleure beaucoup ?
Parce que Tristée, elle pleure souvent, un peu tous les jours, pour tout, et puis pour rien, aussi. Ses joues elles goûtent probablement salé à force de verser trop de larmes. Quand maman lui demande pourquoi elle est à fleur de peau, elle voudrait qu'on lui coupe la langue pour qu'elle puisse avoir une bonne raison de ne prononcer aucun mot. La vérité, c'est qu'elle doit être un jouet brisé, Tristée. L'âme en morceaux, comme les craquelins qu'elle émiette, parfois, dans sa soupe sans saveur, sans artifices. La poupée de porcelaine, elle a peur de trop de choses, surtout d'elle, surtout des gens, de l'extérieur. Elle se ronge les ongles jusqu'au sang, elle se rongerait les mains, les bras, tout, plutôt que de mettre un pied dehors. Détraquée sans rêves, sans espoir. Tristée et son ordinateur. Tristée et ses livres. Tristée et son appartement. Tristée et ses pleurs.
Adulenfant,
de ceux qui ont peur des monstres sous le lit.
Rose a la vie tout en noir même si elle voudrait l'avoir en couleurs. C'est que la noirceur, ça dévore tout sur son passage. Mais les humains aussi, ils dévorent tout sur leur passage. Ça la fait frissonner, ça l'effraie encore plus.
Multiples serrures à la porte de son appartement.
Multiples serrures à la porte de son coeur.
Peur, peur, peur.
Tristée Rose.
Triste.




Dernière édition par Tristée Rose le Mar 20 Mai - 17:29, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 18:31


LA MORT

je vais m'évanouir
dans les pommes.



Maman, je vole. Je suis très haut dans le ciel et je vois tout. C'est triste, parce que le ciel est gris, cet après-midi. J'aurais préféré qu'il soit bleu et sans nuages. Comme les yeux de papa. Ils sont beaux, ses yeux. Je pense que je ne le reverrais pas. Je pense que je ne te reverrais pas aussi, maman. J'ai le coeur au bord des lèvres, je chute, je tombe. Ça me fait peur, comment on atterrit, maman ? Les oiseaux, ils le savent, non ? Ô, mais je n'ai pas d'ailes. Alors pourquoi j'étais dans le ciel ?
J'ai vraiment très peur, maman.



La pizza.


Dans l'appartement de Tristée, il fait sombre. Sombre comme un garde-robe sans lumière. Sombre comme le dessous d'un lit. Sombre comme une nuit sans étoiles, comme un endroit sans néons qui brillent tous les jours et puis tous les soirs. C'est un petit mensonge, en fait. Parce qu'elle a peur du noir, la poupée. Elle a peur des monstres qui se fondent dans les ombres, tard le soir. Alors, pendues aux murs, il y a ces guirlandes de noël achetées en rabais, de celles aux ampoules de différentes couleurs. Bleus, vertes, rouges, jaunes, blanches, jolies, jolies, les couleurs. C'est beau, ce chemin tracé à travers son petit cocon. C'est beaucoup plus beau que ce qu'elle fait à la cuisine, silencieuse princesse d'un monde trop petit, trop minuscule pour y vivre de façon épanouie. Ses yeux délicats, en forme d'amande, fixent ses cuisses maintes fois blessées par des lames trop coupantes. Dans sa main, un couteau de cuisine. Maman aurait dû l'emporter loin, très loin, mais elle a oublié. Alors Tristée l'a entre ses mains, et elle hésite.

« Je pense que je pourrais mourir ce soir. Tu en penses quoi, Virgule ? »

On ne lui offre aucune réponse en retour. Virgule n'est qu'un lapin en peluche aussi vieux qu'elle. Un peu comme son seul ami, son seul confident. Virgule, elle le traîne partout avec elle. De pièces en pièces. Et même, parfois, dehors, quand elle ose sortir. Ça la rassure, c'est la seule présence qu'elle connaisse.

« Virgule, Virgule... est-ce que c'est raisonnable ? »

Elle verse des perles de tristesse, des perles qui glissent le long de ses joues blanches, qui tombent sur la lame tranchante. Avec un couteau, ça salirait tout. Du rouge sang, c'est difficile à faire disparaître. Ce ne serait pas agréable pour le propriétaire, non ?

« Alors des pilules ? »

Ou alors rien, ça passera, c'est promis, Tristée. Son visage lourd de douleur se tord sous ses pleurs, sa main aux ongles rongés resserre le manche de l'arme, peut-être prête, peut-être pas. À la porte, on frappe. Des coups sourds, forts, distincts. Qui est là ? Qui l'attend, de l'autre côté ? Sa silhouette fantôme se redresse lentement et sa robe retombe pour couvrir ses pâles jambes,Virgule dans sa main droite. Elle retrouve son chemin jusqu'à l'entrée.
Fébrile, stressée, apeurée.
Elle ouvre.
Ô, ce n'est que le livreur de pizza.
La mort peut attendre.


Maman.


« Maman, je t'en pris, ne fume pas à l'intérieur.
S'il-te-plait... »

Des paroles prononcées, des paroles oubliées. Tristée entend déjà le son si familier du briquet, elle sent déjà l'odeur des cigarettes de Maman qui envahit la pièce. Maman n'écoute pas. Maman n'écoute jamais quand sa fille parle. Elle la sermonne, elle daigne à peine poser les yeux sur cette honte. Alors la petite princesse reste silencieuse, recroquevillée dans ce vieux futon, les jambes contre sa poitrine, les jambes entourées de ses frêles bras. Maman grimace, Maman n'apprécie pas l'appartement de Tristée. Elle trouve qu'il est encombré de trop de choses, de babioles enfantines, d'objets inutiles. Maman n'a pas la force d'être chez sa fille. Ça fait mal au coeur, de savoir que cette brave femme ne vient que déposer une enveloppe remplie de billets pour ensuite repartir, sans lui faire la conversation, sans lui dire qu'elle l'aime.

« Tristée ? »

La tête de la jeune femme se relève, les yeux ronds, pleins d'espoir. Allez, Maman, dis-moi que tu m'aimes, juste une fois. Est-ce que ça fait si mal, de prononcer ces trois petits mots à voix haute ?

« Arrête de me sortir le même refrain, et sors dehors, une bonne fois pour toute. »

Oui, Maman. D'accord, Maman.
La dame jette un dernier regard sur son enfant et elle longe le couloir qui mène à la sortie.
La porte s'ouvre.
La porte se referme.
Moi aussi, je t'aime, Maman.


La voiture.


Virgule est dans sa main, il pendouille par ses longues oreilles de lapin alors que Tristée avance à petits pas. Des pas timides, des pas effrayés. Il y a beaucoup de bruit; les voitures klaxonnent et le vent frais caresse sa peau de porcelaine. Il est un peu tard, il fait un peu froid. Les flocons de neige collent à ses cheveux, tombent sur le bout de son nez un peu lisse. Ils fondent sur son visage et elle a des papillons dans le ventre. Maman serait fière de moi. Maman serait heureuse. Elle est à l'extérieure, Tristée, dans le vrai monde. C'était effrayant, mais beau.
Les néons illuminant ses yeux marrons,
le blanc hivernal au sol,
puis ce qui lui fait un peu plus peur,
les gens, les conversations, les contacts.
Elle avance et elle tient un sac en plastique rempli de nourriture. Pour manger, pour éviter de commander encore et encore et encore et encore. Pour éviter de manger trop gras, de manger trop mauvais. Maman serait très très fière, oui. Un sourire dans sa tête, une grimace sur son visage.
Elle s'arrête à un passage piéton.
Il faut regarder à gauche et puis à droite et ensuite une dernière fois à gauche, avant de traverser, Tristée. Elle le fait, elle est prudente. Trop prudente. Elle s'avance, il n'y a pas de voiture. Elle s'avance, et puis un cri.
Des cris. Ceux des autres. Pas le sien. Elle reste figée, la poupée. Figée par cette foutue peur, figée par l'inconnu. Deux phares qui sont si près d'elle, le sang glacé, le pare-choc brûlant.
Brindille brisée.
Virgule envolé, comme Tristée.
Maman aurait été si fière de moi.



Dernière édition par Tristée Rose le Jeu 22 Mai - 2:02, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 19:06

oh toi
bienvenue ici avec la beauté.



enfouis sous les draps.
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 20:03

j'avais promis d'y être   
merci mel I love you (et cet avatar, cette petite merveille, pfioou)
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 23:02

je t'aime ? tu le sais ça ?  
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Ven 16 Mai - 23:43

je suis fan du nom et du prénom.   
bienvenue  I love you 



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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Sam 17 Mai - 16:30

ma petite étoile, je t'aime aussi, t'es une merveille.   
alice, et moi je suis fan de ton personnage. trop de beauté ici.   
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Mer 21 Mai - 19:21

oh   
elle est belle la chanson, un jour j'aimerais te faire découvrir un truc de ouf moi aussi   et puis c'est beau ce que t'écris   
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Jeu 22 Mai - 1:47

je suis sûre que tu pourrais me faire découvrir tant de chansons, toi aussi.    (et grizzly bear, quel groupe exquis I love you)
merci élodie, ça me fait chaud au coeur.   
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MessageSujet: Re: au clair de la brume   Jeu 22 Mai - 1:58


oh elle est mignonne, ta petite. si douce, si fragile. on dirait un petit oiseau qui n'ose pas s'envoler. c'est triste d'ailleurs, sa mort. surtout vu sa peur du monde extérieur   

Ce n'est pas le paradis, non, et encore moins l'enfer qui t'accueille à bras ouvert. C'est l'entre-monde, lieu étrange et pourtant brillant, qui t'attend. Tu as ta place ici, maintenant. n'oublie pas de trouver ta demeure et de l'indiquer à tous ici ainsi que de noter l'occupation de ton personnage ici pour que tous soient informés



TOI, SANGLANT
il y a ton sang dégoulinant de moi. le nectar obscur de ton être, le dernier souffle de ton corps ; et je prends tout, sans la moindre gêne. j'arrache ta beauté à coup de couteau, à coup de dents pour la donner à la princesse. à la plus belle.  
© ZIGGY STARDUST.
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