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 l'homme de bois (alban)

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MessageSujet: l'homme de bois (alban)   Mar 20 Mai - 3:14

La vie, la mort ; il n'y a pas de différence. Aucune différence, non. Sid, il est mort depuis longtemps. Il était feu, avant. Un joli feu de camp, peut-être. Un joli feu de camp où on n'aime bien faire griller des chamallows. Mais soudain, il est devenu cendre. Le feu s'est éteint, sous une bourrasque de vent bien trop forte. Sid s'est éteint, simplement ; il n'a pas pleuré, il n'a pas cillé. Il s'est éteint, sans même cligner des yeux. Et les mouvements, par la suite, sont devenus automatique. Un sourire, ombre contre ses lèvres, une fois de temps en temps. Un trait rassurant, lorsque les sourcils de papa étaient un peu trop froncés, oui, par l'inquiétude. Mais ici ? Il n'est rien. Il est l'homme de bois, l'homme du bois, l'homme aux morceaux de bois. Celui que l'on voit marcher, souvent, rarement. La chevelure qui s’entremêlent le long de la plage, les doigts trop rêches, par l'écorce des arbres. L'homme qui ne parle pas, l'homme éteint, incapable de ressentir quoique ce soit. Il a mis son coeur dans un coffre, dans un coin, et la clé, il l'a perdu depuis longtemps, déjà. Il a mis sa voix dans une petite boite à musique mais elle est brisée ; rare sont les fois où, enfin, elle en vient à être entendu. Sid, le grand fantôme, l'homme aux cheveux de femmes. Étrange phénomène, on fronce des sourcils, lorsque l'on le voit ; faut-il déjà le voir, pour cela. Sid, trop calme, trop silence ; il en vient à être esprit même des lieux. On pourrait croire qu'il vit encore, à voir comment il se comporte. Petit sauvage, il est pourtant calme. Curieux, malgré la lueur terne qui valse dans ses prunelles éteintes.

Sid est mort.
Certains disent qu'il est arrivé ici depuis quelques mois.
D'autres diront qu'il était certainement mort avant même de s'éteindre, simplement.

Sid, il vagabonde. Il marche entre les arbres, tôt le matin. Rare de le voir au creux des gens ; il se lève à la même heure que le soleil, coince une cigarette roulée entre ses lèvres, avant de quitter sa cabane en bois, le long de la plage. Et enfin, rarement, il met ses pieds au creux du village. Il marche lentement, pour ne pas faire craquer les branches, contre le sol. Il marche lentement, pour ne pas accrocher les sylvains, créatures étranges qui disparaissent sans fin. Sid, il stoppe son pas, souvent, parfois. Il observe la créature étrange et tend l'oreille, pour capter le bruit léger, tout petit. Il sourit un peu plus, oui, lorsqu'il en voit un second, là, sous ses yeux, naître. Sid reste idiot un instant, devant le phénomène, avant de continuer sa route. Il ne parle pas ; peut-être ne sait-il plus parler. La voix est peut-être trop rouillée maintenant, de par les cigarettes fumées et la fumée ingérée, lorsqu'il est décédé. Il ne parle pas, tout au moins, même pas à ces créatures adorables qui le suivent, curiosité.

Silence, dans les bois.
On entend le chant léger des oiseaux, déjà debout.
Les claquements caractérielles des sylvains, dans les alentours.
Le bruit fantôme de ses pas, dans l'herbe.

Sid, il a un peu de fleur, dans ses cheveux. C'est certainement Merida qui les a déposé là, la veille. Il ne les a pas retiré. Sid, il ne doit même pas se souvenir qu'elles sont là, les fleurs. Il oublie, simplement. Il marche, là, la pupille attentive, malgré son oeil morne. Il cherche, oui, quelques morceaux de bois. Du bois, pour continuer son art. Faire des petits objets, ou alors un grand montage, comme il rêve de faire depuis son arrivé. Des morceaux parfaits, pour construire une sculpture et belle. Alors, il cherche. Cigarette parfois entre les lèvres, d'autres fois entre les doigts, il cherche encore et encore. Toujours, il vagabonde dans le village. Il vagabonde un moment, se réveille un peu plus à chaque seconde, comme le soleil, avant de se cacher sous les arbres, grands et vieux. Le vent, léger, gifle ses cheveux. Sid marche encore, la cigarette entre les doigts, l'addiction dans les tripes, seules réaction de sa part. Et puis, enfin. Enfin, il voit.

Là, aux abords d'une demeure quelconque. Des morceaux de bois, petits et grands. On en verrait presque une lueur qui brille, au creux de ses yeux ternes. Une lueur qui se meurt, alors qu'il avance tranquillement, sans se presser. Le corps, grand, finit par se pencher lorsqu'il arrive enfin à côté, et ses mains, géantes, se glissent au creux des branches et des épaves, cherchant son bonheur. Sid, il ne se pose pas de questions. Il ne se demande pas, non, qui se trouve ici. Il ne se demande pas, non, à qui peut bien appartenir ce bois. Il ne voit même pas le vol, innocent mais présent, qu'il est en train de faire. Sid, il ne pense qu'au bois. Qu'à son précieux bois. Celui qu'il sent, sous ses doigts. Celui qui fait naître un sourire léger, fantôme et invisible, entre ses lèvres. Concentré, il n'entend que le chant des oiseaux ainsi que le bruit des sylvains, autour. Créatures curieuses, elles sont assises autour de lui, certaines même sur les morceaux de bois, l'observant attentivement. Sid, lui, caresse les épaves du bout des doigts, cherchant les textures parfaites, pour ses œuvres.

Il n'entend pas, non, l'homme qui arrive, derrière. Il n'entend rien.



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MessageSujet: Re: l'homme de bois (alban)   Mar 27 Mai - 23:06

Silence, toujours ce même silence. Le même qu'en taule. Le même qu'avec Jean. Le même qu'à l'enterrement de ma mère. C'est toujours la même chose, de toute façon. Et dire qu'une fois là haut, tout ira mieux est une connerie. Il n'y a pas de foutu nuage pour s'y poser et retrouver une part de bonheur.
Non.
C'est faux.
Moi, je suis le même : vide et mort.
Surtout mort, c'est le mot, putain.
Ta gueule Alban. Et je me donne mal à la tête, encore. Les pensées résonnent violemment dans mon crâne. C'est comme un écho que l'on lance au loin, dans les montagnes. Il va, il vient, mais ne s'arrête pas. Le paysage se moque de nous et nous renvoie notre propre reflet.
Frisson.
Le lit grince alors que je me retourne une énième fois dans mes draps. À quelques mètres de moi, un autre matelas une place. Un autre corps. Morten et ses paupières fermées. Il a compté les étoiles avant de s'endormir. Il le fait souvent, à voix haute, pour nous deux. De cette façon, nos nerfs se calment en même temps. Le lien qui nous unie se résume à ça : comparable à celui d'une mère et son enfant. De deux orphelins à la recherche d'une tendresse perdue. Certainement oubliée quelque part sur terre. Pour ma part, elle doit se trouver dans cette balle puant la poudre.

Mon corps s'articule, lentement. J'ai l'impression qu'il craque mais ce n'est qu'une illusion. Une enveloppe comme une autre. Je soupire et quitte notre minuscule chambre pour entrer dans ce qu'on appelle une cuisine. La fenêtre, c'est le premier réflexe, l'unique chose à faire pour se vider la tête. J'ai l'impression que les visions de ma vie s'évadent dans l'air sous forme de notes de musique. Je ne souris pas, malgré le poids qui s'évapore de mon âme. Je perds mes chaînes, à voir la forêt s'étendre sur une éternité.
Semblant de liberté.
Pourtant, tous mes gestes sont aussi lourds et lents. Comme un vieux film à la bande usée. Je ne ressemble à rien et une voix résonne toujours dans ma tête.
Vis Alban.
Merde, vis.
Tu parles.
C'est trop tard maintenant.


Mais même avant, c'était trop tard, déjà. J'avais baissé les bras. J'étais tombé dans une léthargie dont je ne voulais plus me réveiller. C'était ça, les règles du jeu : mourir et vivre encore. Présent physiquement pour Jean et les animaux. Absent mentalement, pour moi-même, uniquement. Je ne me supportais plus de toute façon. C'était un peu comme vivre avec son ennemi d'enfance. Le gars qui vous crache à la figure et se moque de vous parce que vous êtes un peu trop gros. L'image est fragile mais elle désigne plutôt bien ce que je ressens encore à mon égard, parfois. Non, souvent. Tout le temps, même là, au petit matin. Accoudé sur le rebord de la fenêtre à observer les sylvains faire leur danse dans l'obscurité.
Les sylvains, accompagnés d'une longue chevelure blonde. Presque brillante au milieu de cette verdure. Elle est belle, c'est certainement la première chose qui me passe la tête. Malheureusement, le compliment est bien vite noyé par la curiosité.
La silhouette s'approche, un peu trop.
Beaucoup trop.

L'idée de réfléchir une seconde ne me vient pas à l'esprit. C'est d'un pas vif, déjà irrité, que je quitte la maisonnette pour le rejoindre brusquement. Je n'essaie même pas de comprendre ou de savoir. J'ai besoin que cette personne s'en aille. Je ne veux personne ici. Parce que personne, ça signifie rester stérile à tout et surtout aux sentiments. Morten est un piégeur, il m'a eu, c'est tout. J'ai compris la leçon, on ne m'y reprendra plus. Ou du moins, pas tout de suite, j'ose espérer. Déterminé, mes doigts se posent contre son épaule pour le retourner vivement contre moi. C'est un homme.
Un homme aux cheveux longs. Interminables. Même les filles ne les ont pas aussi beaux.
Froncement de sourcils, ce n'est peut-être qu'une illusion. Comment diable peut-il traîner ici à une heure pareille ? Il me faut un moment pour analyser la situation et trouver mes mots. « Qu'est-ce que vous faites ici ? » Voix grave, un peu morte, complètement raillée. Elle me représente bien. Y a de l'agression dans mes mots mais qu'importe, je n'ai pas envie d'être agréable et supportable.
Il est tôt.
Ou trop tard.
C'est sans importance, mon silence vient d'être troublé.

« Vous devriez partir. Vous êtes chez moi et vous marchez sur un plan de mes fleurs. » Regard noir même si les paroles ne le sont pas, au fond. Un plan de fleurs, on a vu bien plus effrayant comme menace. Et puis ce vouvoiement incessant, vestige de l'éducation de Jean. J'aimerais bien qu'il en vienne à mourir, lui aussi, pour qu'on se retrouve tous les deux, ici. J'ai perdu de mon équilibre depuis qu'il est plus là. Il m'aurait certainement empêché de sortir de la maison pour agresser un parfait inconnu.
Oui, certainement.
Mais ça voudrait aussi dire que je n'aurais jamais croisé la route d'une sirène aux cheveux blonds. Sur le moment, je n'sais dire lequel est le pire.



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MessageSujet: Re: l'homme de bois (alban)   Mer 28 Mai - 4:17

Un battement de coeur. Petit, insignifiant, mais tout au moins présent. Un boom fantôme, faisant danser la poussière, dans son coeur. Sid sourit, un peu. Assez pour que ses lèvres tremblotent un peu, assez pour que l'on voit l'ombre d'une vie, dans ses yeux. Et puis, plus rien. Tout s'efface. De nouveau, le voilà de marbre. Ou alors, de bois. Difficile de savoir. Si, si difficile de comprendre. Sid observe. Sa tête se penche sur le côté, et quelques mèches de cheveux s'abandonnent, contre ses traits. La vue est un peu cachée. Sid ne dégage rien, pourtant. Il observe encore, touche du bout des doigts le bois. Bonheur poussière, dans son être. Bonheur trop faible pour soulever le lit de cendres qui a pris place en lui, après que son être entier est brûlé sous quelques coups de lame et quelques rires trop fort. Et pourtant, le sentiment est là. Trop faible pourtant, pour lui faire ressentir quoique ce soit. Il n'y a l'ombre que d'un confort en son sein. Sid caresse le bois, y trouve un terrain familier qui lui fait du bien, dans un sens. Ou alors, quelque chose qui y ressemble, certainement. Sid ne sait pas. Il ne se pose pas la question, de toute manière. Les sentiments, il y a bien longtemps qu'il a oublié cela. Ce n'est qu'une ombre, un souvenir lointain qui lui semble étrange. Les photos d'autrefois où un sourire ornait ses lèvres lui semblent appartenir à une toute autre personne que lui. Sid n'est plus Sid. Sid est fantôme. Et maintenant, il est le fantôme d'un fantôme.

Quelle triste histoire.
Heureusement, il ne connait pas la tristesse, non plus.
Encore une chose qui a oublié, enseveli, avec les années.
Sid, l'homme de bois. L'homme qui ne ressent pas.

Alors, il observe pour le bois. Il sculpte le bois, ne fait que cela. Et puis parfois, un bout de mort se pend, au bord de ses lèvres. Un bout de mord qui l'appelle, au creux de sa poche. Le grand garçon ayant grandi trop vite, le voilà qui fouine dans ses poches, délicatement. Il ne fait pas de bruits, au creux de l'aurore. Il cherche une cigarette, un peu de tabac fraîchement roulé, là, dans ses pantalons. Un instant, un silence. Il finit par trouver, et l'expression ne change pas. Aucun sourire, aucun soupir. Pas l'ombre d'un changement, contre ses traits. Il se redresse un peu, colle la cigarette contre ses lèvres et puis, cherche des allumettes. Le coeur mort ne bat pas, alors qu'il pose ses doigts contre l'une, et la sort de sa petite boite. Le feu naît, attiré sa prunelle, lui rappelle l'odeur de la mort. Sid ne cille pas, ne tremble pas. Il n'a pas peur de sa propre mort, qu'importe si elle est récente. Il n'a peur de rien. Il était mort depuis longtemps, de toute manière. La cigarette s'embrase et la fumée se glisse dans ses poumons. À croire que depuis qu'il est mort par sa faute, il cherche sa présence encore plus fort, simplement. L'homme intoxiqué, il ne demande qu'à l'être encore plus.

Il fumerait en dormant, si la chose était possible.
Oh, mais si.
Il l'a fait, le jour de sa mort.
Il a fumé sa maison et son art, avant d'en mourir.

Les yeux se ferment, un instant, avant de s'ouvrir sur le bois. Le merveilleux bois. Calme, il pense à ce qu'il pourra en faire, dans quelques instants. Aux journées interminables qu'il pourra passer à sculpter, tailler, créer. Donner vie à quelque chose d'inanimé. À croire que, quelque part, il désire se donner vie à lui-même depuis des années. La boucane est crachée par ses narines, lentement. La cigarette, coincée entre ses doigts. Sid fixe le bois, ne cille même pas. Ce n'est pas utile, ici. Il n'en ressent pas le besoin. Avant, le corps le faisait. Maintenant, il n'a plus de corps. Alors, il fixe. Il fixe, le regard mort. Mort comme son être. Mort comme son corps. Mort comme son coeur. Coeur qui ne rate pas de battement, fantôme qu'il est, enfoui au plus profond de lui-même, alors qu'une main se pose contre son épaule et qu'une âme perdue le retourne vivement. Sid ne cille pas, alors qu’apparaît sous ses yeux un fantôme caché dans son coeur depuis des années. Aucun battement. Aucune respiration saccadée. Pour seule réaction, les sourcils en viennent à se froncer un minimum, l'espace d'un instant. Si Alban a cligné des paupières, il n'a vu aucun changement. Il y a un silence, un moment. Silence de l'un, silence de l'autre. Une surprise certaine, dans les yeux du délinquant. Sid le détaille des yeux. Il observe les marques plus creuses contre sa peau, les tatouages nouveaux, sur son visage. Sa tête se penche un peu, à peine, sur le côté. Une autre mèche s'échoue contre ses traits, cachant l'un de ses yeux. Il ne la déloge pas.

Il se demande, un peu. À peine, suffisamment pour que les questions dansent, dans ses pensées. Des questions fantômes qu'il ne voit à peine, qui se perdre au travers de la cendre qui pourrit, là, partout à l'intérieur de lui. Comment est-il mort ? La question se perd au creux de ses souvenirs perdus. L'a-t-il reconnu ? Celle-ci se noie avec les sourires et les bonheurs qu'il ne ressent plus. L'aime-t-il encore ? La dernière brûle aussitôt, ajoutant un peu de cendre au cadavre qu'il peut bien être, depuis quelques mois. « Qu'est-ce que vous faites ici ? » Une réponse. Il ne le reconnait pas. L'expression ne change pas, sur les traits de Sid. Il l'observe encore, sans mots. Sans vie. Au bout de ses doigts, la cigarette fume encore, furieuse d'être abandonnée. Sid observe Alban, encore. Peut-être observe-t-il un peu trop attentivement ses traits. Peut-être que, dans ses yeux morts, une lueur luit, grise et sale, discrète. Sid l'observe un peu trop, dans tous les cas. Sa prunelle ne se détache pas de lui. S'il était un autre, Sid se serait certainement déjà retourné, prenant quelques bouts de bois, ne lui prêtant pas attention. Mais ce n'est pas le cas. Sid l'observe, ne bouge pas. Il ressent un fantôme, mais ne le sent même pas. Quelque chose s'éveille, encore trop faible. Quelque chose, perdu au travers de la cendre de son être. « Vous devriez partir. Vous êtes chez moi et vous marchez sur un plan de mes fleurs. » Ses yeux bougent, enfin. Il observe les fleurs, et une ombre danse contre ses traits, avant de disparaître. Sid détaille la couleur, un peu trop vive pour coller à Alban, si gris - ou alors, c'est lui qui est devenu bien gris, avec le temps ? - lorsqu'il ressent. Il ressent au bout de ses doigts, une brûlure. Le tabac crise d'être ignoré et le feu léger brûle ses doigts, soudainement. « Aie. » Premier son depuis des jours s'évadant de sa gorge nouée. Sa voix est rauque, cassée et basse. Le mot prononcé est en total contraste. La cigarette s'évade, s'échoue contre le sol, alors qu'il rapproche ses doigts à sa bouche, lent, pour y poser sa langue.  Il reste comme ça, un instant, fixant les fleurs.

Sid ne bouge même pas. Il reste un instant là, une éternité peut-être, le doigt encore dans sa bouche, sa langue essayait d'apaiser la douleur. Étrange de la ressentir encore, ici. Étrange, oui. Autour, les sylvains s'agitent encore, et l'un essaie d'escalader le pan de son pantalon, un peu trop curieux. Sid fronce des sourcils, à peine, l'observant, avant de lever les yeux vers Alban, de nouveau. Il fait un pas sur le côté, se dégage des fleurs, simplement. « Belles fleurs. » Hochement de tête léger, pour approuver ses paroles. Sid ne bouge plus, encore. Le doigt retourne à sa place et il cherche une nouvelle cigarette, dans sa poche. La dépendance ne s'oublie pas, même lorsqu'elle fait mal. Il suffit de voir Alban, là, sortant d'un lit de cendres après tout ce temps. Alban et ses traits marqués. Il semble sculpté ; sa passion pour le bois vient peut-être de là. Sid ne se pose pas la question. Il renifle un peu, alors qu'elle fume enfin contre ses lèvres. Il fait froid, le matin. À son pied, le sylvain semble avoir abandonné. Il s'est posé, et dans le silence, on peut entendre le cliquetis de sa tête qui tourne. Ses yeux se posent encore sur Alban. Il le dévisage un instant avant de bouger, encore. Léger mouvement, il pointe le bois d'un mouvement flou à l'aide de sa main. La fumée s'évade de ses lèvres, cette fois. « J'en ai d'besoin. » Murmure encore, entre ses lèvres. Voix d’outre tombe. Susurre cassé, comme il est. Sid l'observe encore, attendant. Sur ses traits, rien. Il est vide. Ou alors, y a-t-il une lueur trop terne dans ses yeux. Elle ne sait plus comment briller.



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MessageSujet: Re: l'homme de bois (alban)   Mer 11 Juin - 13:12

Mon regard se perd sur les fleurs pour ne pas faire face à celui de l'inconnu. Parce qu'en dehors de Morten, moi, je ne connais personne ici. Je n'ai jamais essayé d'aller vers le village pour serrer la main du premier venu. Ça ne me ressemble pas. En réalité, rien ne me ressemble, ici. Je ne suis pas comme ça, je ne les jamais été. Avant de mourir, j'étais gris, tout droit venu d'un film en noir et blanc. Et même là, je suis pâle comme la lune ou les sylvains. Je soupire et garde la tête baissée, comme si affronter son regard était plus difficile que tout. Je n'aime pas cela. Mes doigts tremblent, de colère et d'inquiétude.
Mes fleurs.
Mes pauvres fleurs.
Mais ce ne sont que des fleurs, Alban.
Non, elles viennent de prendre une importance folle dans ma tête. Ce doit être une réaction normale de mon cerveau consistant à mettre de l'attention ailleurs pour fuir la réalité.
Enfin. La réalité.
Tu parles. Depuis que je suis ici, au milieu d'un monde qui ne ressemble pas au mien, j'ai l'impression d'être dans un conte de fée. On m'a jeté là par erreur, sans le vouloir. Dieu ne devait pas savoir où me caser. Il a du se dire que l'enfer était trop pour moi mais que je ne méritais pas le paradis non plus. Je l'entends d'ici, ordonner à ses jambes de m'escorter jusqu'à ce village paumé et complètement mort. Et maintenant, me voilà coincé dans un monde qui ne bouge pas, enfermé dans ma misérable cabane.
Heureusement, mes paupières battent un coup et font disparaître les sombres pensées. Le ciel semble plus clair, soudain.

« Aie. »
Je trouve la force de relever le menton pour le regarder à nouveau. J'aperçois la cigarette et je l'observe s'échouer au sol. Avant la fin de la journée, je viendrais a récupérer pour la jeter à la poubelle. On ne peut pas laisser un tel cancer au milieu de mes fleurs. J'ai mis du temps, à les planter, les surveiller et les arroser. J'ai veillé à ce que les limaces ne viennent pas les manger. À ce que les sylvains ne viennent par marcher dessus. Il sont mignons mais un peu brutes, parfois. Et là, j'ai le cœur un peu serré à voir tout ce monde dans ma parcelle de jardin. J'ai l'impression que tout vient de se casser la figure, un peu comme ma vie, autrefois. Comme quoi, la mort ne change pas vraiment du reste. Ceux qui se suicident doivent être déçus, au final. Même la lune est là pour nous rappeler nos blessures.
Magique, hein ?
Je soupire et fixe la nouvelle cigarette. Je fronce les sourcils et recule d'un pas. J'ai la sensation que toutes mes addictions me reviennent soudainement à la figure. Les rails de coke se mélangent aux seringues d'héroïne. L'amour semble même me bousculer mais lorsque je regarde autour de moi, il n'y a que le vide. Le même vide présent dans mon cœur et dans mon âme. Je ne suis qu'une pauvre enveloppe. Et les sourires que j'offre à Morten ne sont peut-être qu'une illusion, finalement.
Mais non … Non, j'en sais rien, je veux pas savoir.

Mes lèvres s'ouvrent légèrement, prêt à balancer d'autres mots mais l'homme me devance. « Belles fleurs. » Mes fleurs, bien sûr qu'elles sont belles. Elles représentent à elle seule ce que je n'ai jamais été. Tout le monde les aime, mes fleurs, contrairement à moi. Personne ne se retourne jamais sur Alban.
Alban, l'âme du coin.
Alban, en noir et blanc. On s'en fout un peu, non, du noir et blanc ? Après la mort, on a envie d'autre chose, de couleur et de beauté. Mais moi, je n'ai rien de tout cela. Même mes traits sont creusés et abîmés. J'ai la peau d'un vieil homme pour avoir trop abusé de la vie, étant plus jeune. Maintenant, je ne fais qu'assumer les conséquences de mes actes. Autant dire que je m'en mords les doigts. Ce doit être pour ça que je n'ai pas d'ongles. Je pourrais les grignoter jusqu'à l'os si j'en avais la patience. Tu te rends compte ? Jusqu'à l'os, c'est complètement dingue.

« J'en ai d'besoin. » Besoin de mon bois ? Pas de s'il vous plaît, pas de bonjour, rien de tout cela. Jean en aurait tapé du poing sur la table. Il aimerait, peut-être, que je fasse de même. Mais moi, je ne suis pas pareil. Ce n'est pas mon genre, je n'ai aucune prestance. Alors, je recule d'un pas, encore et hausse les épaules. J'analyse la situation et passe ma main sur mon crâne, nerveux. Cela fait une éternité que je n'ai plus parlé à qui que ce soit en dehors de mes assassins et de Morten. Et encore, avec Morten, c'était pas pareil. Il sait même à l'aise les autres. Il sait comment faire, pour parler et s'exprimer sans essayer qui que ce soit. Même les animaux de la forêt l'aiment. Moi, ils viennent me voir seulement pour m'embêter ou écraser mes fleurs. Je commence à croire que tout cela n'est qu'une punition.

Il me faut plus d'une minute pour prendre la parole.
Une minute, c'est bien plus long que ce que l'on pense, faut pas croire. C'est un petit bout d'éternité quand on fait face au silence et à l'inconnu. J'ai la voix tellement cassée et grave que j'ai toujours peur d'effrayer les personnes à qui je parle. Je prends le temps de modérer les tons. Je prends le temps de ne pas être une brute. « Du bois ? Mais pour faire quoi ? J'ai travaillé dur avec mon ami pour en avoir comme ça. Même la forêt s'est mise en colère contre nous alors, on a arrêté. » Je me pince la lèvre, je ne sais même pas pourquoi je lui dis ça. Pourquoi j'ose lui accorder assez de confiance pour lui conter mes mésaventures. Je tremble un peu, certainement à cause cette envie de crier incessante. J'ai l'impression d'avoir un monstre affamé dans le cœur. Un monstre qui hurle et qui pleure comme un oisillon abandonné par sa mère. Je ne suis que son porte parole mais c'est déjà une assez belle torture. Je fronce les sourcils, possessifs du peu que je possède ici. Je ne veux pas que mon bois termine dans les bras de n'importe qui. C'est le mien.
Le mien et celui de Morten.
Et s'il se met en colère, ensuite ? Faudrait peut-être que je lui demande, c'est la moindre des choses. Mais non, Morten est pas comme ça. Il a le cœur généreux et dévoré par le respect. Alors, en position de faiblesse je relève la tête pour grignoter les centimètres de plus que l'inconnu possède.
« Je ne vous ai jamais vu et vous ne connaissez même pas les règles de politesse alors, pourquoi devrais-je vous donner de mon bois ? » Et là, Jean serait certainement fier de moi. Une remarque sur la politesse, c'est importance. Une pointe de méfiance aussi. Planté devant l'homme, je le regarde sans défaillir. J'attends, silencieux, une réponse de sa part. Un quelque chose capable de me faire baisser ma garde. Un rien fera certainement l'affaire. Enfin, je crois. Qui sait, peut-être que je suis devenu l'une de ces bêtes sauvages sans même le savoir. La caresse d'un autre ne suffira plus à me rendre sociable.
Oui, qui sait.
Mais non, je n'en suis pas à ce stade. Enfin, j'ose espérer.



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MessageSujet: Re: l'homme de bois (alban)   Mer 11 Juin - 18:17

Il est vide. Sid, il est vide. Il n'est qu'une autre, il n'est rien. Il est l'écho d'un tout et pourtant, le résultat d'un vide. Semblable à un trou noir, il a des milliers de choses, à l'intérieur de lui. Mais c'est sombre, en dedans de lui. Sombre, comme un trou noir. Tout y va, rien n'en sort. Comme son coeur, comme ses sentiments. Comme tout ce qu'il peut bien être, au fond. Sid est plein, et par ce fait, il est vide. Sid est un trou noir, et il se perd lui-même, en dedans de ça. Ils étaient fort. Ils étaient si forts, en fait, ses émotions, ses sentiments. Sid, il a tout fait taire. Il a tout mis à la poubelle, ou alors dans un creux de lui-même, pour faire plaisir à papa. Pour ne plus parler d'Alban, pour ne plus avoir des étoiles dans les yeux, en parlant de lui, ou alors des palpitations au coeur. Il a fait silence avec son propre coeur et puis, avec le temps, plus rien. Il n'y avait plus rien. C'était trop grand, trop énorme, prenant trop de place. Trop de sentiments, trop de palpitation. Papa avait beau dire bien des choses, le coeur, il ne vivait que pour Alban. Il avait changé de nom subitement, pour porter le sien. Et puis soudain, il a été mis au noir. Il s'est tai, ou du moins, il a essayé. Il a hurlé fort, après un moment. Il a hurlé, fort, toujours plus fort. Si fort que, à partir d'un moment, il a tout pris. Sid, le trou noir. Sid, le vide trop plein. À l'intérieur, la porte ne s'ouvre que d'un côté. Elle ne s'ouvre pas, non, de l'intérieur. Elle ne s'ouvre pas.

Soupir. Sourire. Sanglot.
Grimace. Douleur. Peine.
Bonheur. Surprise. Colère.

Le coeur a lancé un filet et tout, à l'intérieur, a été capturé.
Sid, il ne ressent pas. Il observe, tire la fumée de ses poumons, et attend son bois. Il ne veut pas, non, ressentir. Sid, il dévisage Alban, gris, blanc, noir, et ne cille pas. Il ne sait plus comment faire. Il entendrait son coeur battre que, en dedans, il aurait peur. Mais la peur, il ne connait plus. Il ne connait plus son coeur, non plus. Sid, il ne sait plus rien. Il sait vivre, mais sans vivre. Il sait être, mais sans être. Il n'aime pas Alban, en l'aimant. Ses lèvres se pincent un peu. Il les pince à peine, avant de pencher sa tête sur le côté, un peu. À ses lèvres, la cigarette. Sid fume, sans fumer. Il n'a plus de poumon, il n'a rien. Il n'a plus de poumon, mais assez de fumée pour combler tout le vide, en dedans. Sid fume, alors. Il fume le vide, il fume son être vide. Et il aspire, encore et encore. Il aspire, le peu qu'il peut avoir, en dedans. Le peu qu'il peut avoir, en dedans de lui. Il essaie de se remplir, de se combler, d'être. Il essaie, sans savoir qu'il essaie. Sid observe Alban, sans savoir qu'il l'observe. Ses yeux sont vides, et pourtant trop plein. Ses yeux sont tout, et puis rien. Le coeur est silencieux ou alors, les battements sont si nombreux, si serrés, que Sid n'attend rien. Il faudrait le mettre au ralenti, un peu, pour l'entendre. Il faudrait cesser de fumer un peu, retirer la brume, pour voir tout ce qui se trouve, là, à l'intérieur. Sid, pourtant, fume encore. Il fume toujours, accro, intoxiqué. Si désireux de ne rien voir, de ne rien ressentir, en dedans.

Pour être vide, il se remplit.
Il se remplit un peu trop, ou alors pas assez.
Sid, il n'est pas vide. Non.
Non ; sid, il est un peu trop plein.

Sid, il observe. Il ne cligne pas des yeux, oubliant ce que la chose peut être. Ici, nul besoin. Ici, ne sent pas la fatigue de ses yeux. Alors, il voit tout. Il voit le pas d'Alban. Il voit ses traits qui se crispent, un peu. Il voit sa main, contre son crane. Les yeux s'y attardent, sur le crane. Sid, il penche un peu plus la tête. Quelques mèches de plus, libertines, s'abandonnent sur ses épaules. Il est presque caché maintenant, Sid. Caché derrière un long rideau de cheveux. Pourtant, il ne bouge pas. Non, Sid ne bouge pas. Il observe, attentif. Il dévore. Sid dévore tout ce qu'il voit, tout ce que Alban lui offre. Il sent, en dedans, tout enfoui, quelque chose. Il ne sait pas, non, ce que ça peut être. Il entend seulement. Il entend la petite voix qui, encore et encore, demande. Demande toujours, oui, un peu plus d'Alban. Un souvenir de plus, et un contact, aussi. Sid ne bouge pas, pourtant. Il n'aime pas, non, toucher les gens. Il serre des dents, bouge brusquement. La peau lui brûle, la peau qui n'est plus. Il n'y a que papa qui peut le toucher, en fait. Mais papa, même papa, il n'est plus là. Papa, il a disparu, tout simplement. Ou alors, c'est Sid qui est parti. Une fois, hors de la maison. Une seconde fois, hors de la vie. Sid, ce pauvre con, est parti deux fois, tout simplement. Et maintenant, il ne supporte plus personne. Et dans sa tête, soudain, une voix quémande Alban.

Alban. Alban. Alban.
Sous le short de jeans usé, malmené, les cicatrices piquent, comme si la chose était possible.
Je te haime, Alban.

Encore, il observe. La cigarette se porte à ses lèvres, y restent alors qu'il bouge quelques mèches de cheveux, pour les ramener vers l'arrière. Sid observe, encore. Il ne sait faire que cela. Comme si soudain, voir Alban mettait tout son système en attente. Paralysé par les émotions qu'il ne comprend plus, maintenant. « Du bois ? Mais pour faire quoi ? J'ai travaillé dur avec mon ami pour en avoir comme ça. Même la forêt s'est mise en colère contre nous alors, on a arrêté. » Il cligne des yeux, encore, Sid. Dans sa tête, il voit des arbres, grands, qui attaquent. Il voit le seigneur des anneaux, les films qu'il a vu en compagnie d'Alban, d'ailleurs, autrefois. Ses lèvres se pincent, légèrement. Ses yeux tombent sur le bois, de nouveau. « Oh » Oh, simplement. Il pense, lentement. Bouge, lentement. Il fait tout, lentement. Sa voix est si rêche et grave qu'elle grogne entre ses lèvres, à peine audible. Il est beau, le bois. Beau, comme s'il était nouveau, comme s'il était fait, oui, pour ça. Sid, il voit déjà, dans sa tête, les formes nombreuses qu'il pourrait faire. Les petites statuts, et les grandes aussi. Il le veut. Ses lèvres se pincent encore et il tourne ses yeux vers Alban, encore. Oui, il le veut.

Alban lève un peu le menton. Il est beau, comme ça. Sid, il voit ses yeux. Ils semblent gris, mais ils sont bleus. Bleus, oui, comme le ciel avant une tempête. Comme un ciel où on peine de différencier les nuages sombres du fond obscur, maintenant. « Je ne vous ai jamais vu et vous ne connaissez même pas les règles de politesse alors, pourquoi devrais-je vous donner de mon bois ? » La tête se penche, encore. Sid, il penche la tête, l'observe un moment, et puis un soupir s'évade. Léger soupir, petit soupir. Ses doigts glissent dans ses cheveux et la cigarette, légère, n'a plus son attention. Sid l'éteint contre un tronc d'arbre, lentement. Elle se glisse dans sa poche et cesse de vivre, tout bonnement. Sage, il ramasse même celle qui s'est perdue dans les fleurs, un peu plus tôt. « On se connait. » Les lèvres se pincent brusquement, alors qu'il est toujours au sol, agenouillé. Il ne bouge pas un instant, lève les yeux vers lui, silencieux. Sid, il a des mots pleins de la tête. Très peu pourtant, qui peuvent traverser ses lèvres. Sid, il se redresse lentement, passant ses doigts dans ses cheveux, pour ne pas se cacher encore. « On se connait. » Le voilà perroquet. Il bloque, peut-être. Ou alors, il essaie de l'accepter lui-même. Ses lèvres se pincent encore, mais on dirait un sourire. L'ébauche d'un sourire, tout au moins.

Sid, il a envie. Au fond de lui, il sent quelque chose. Dans ses yeux, on peut lire, oui, une lueur morte, éteinte, mais qui clignote. Elle se bat un peu, comme une lumière qui va mourir, pour tenir. Sid, il avance, alors. Il avance un peu, la tête penchée, curieux. Il observe Alban, tend les doigts, caresse sa joue. Il ne sent pas, ou à peine, du moins. Il ne sent pas, car ses doigts sont usés maintenant, par le travail acharné. Sid a un rictus, avant de retirer ses doigts. Il se souvient, oui, d'Alban aimant ses doigts doux. Ils ne sont plus, non, doux. Sid n'a plus rien de doux. Sauf ses cheveux, peut-être bien. Ses lèvres se pincent et il soupire, un peu. Il soupire, à peine, mais le coeur est gros. « Alban... » Souffle, entre ses lèvres. Il guette ses yeux, attend une lueur, à l'intérieur. Il ne dira pas, non, son prénom. Il attend, oui, attentif, qu'il le reconnaisse. Il attend toujours, un peu trop. Sa tête se redresse, lentement, et puis il pince ses lèvres, de nouveau. Il est si près, encore. Si près de lui. « S'il te plait, le bois. » Encore, la main dans les cheveux. Sid a les mots encore, trop nombreux, au bout des lèvres. Il ne les prononce pas, pourtant. Il en prononce déjà beaucoup. Il demande permission, chose qu'il ne fait pas, non, souvent. Une dent s'enfonce dans la lèvre, y fait perler une larme de sang. La langue y passe, récolte. À ses poignets nus, il sent les vieilles cicatrices qui, toujours présentes, toujours apparentes. Elles sont belles, longues, et blanches. Un peu comme lui, au fond.



enfouis sous les draps.
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l'homme de bois (alban)

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